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 [ARTICLE] Cure chamanique au Pérou

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Avy
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Messages : 4161
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Localisation : Angers

MessageSujet: [ARTICLE] Cure chamanique au Pérou   Mer 5 Sep 2012 - 23:58

J'ai fait une cure chamanique au Pérou.

Article par Odile Chabrillarc - Psychologies Magazine Juillet-Août 2012










Qu'est-ce que le chamanisme ?

Ce terme est complexe à définir tant il relève de traditions différentes, de la Sibérie à l'Amazonie en passant par l'Afrique. Nous pouvons néanmoins considérer qu'il s'agit d'une pratique spirituelle s'appuyant sur le pouvoir d'un homme - le chaman - qui va servir d'intermédiaire entre le monde des humains et celui des esprits. Pour y parvenir, il se met en état de transe à l'aide de divers moyens - danse, tambour ou plantes - lors de rituels très codifiés, avec des objectifs différents : se purifier, faire venir le gibier, intercéder pour un malade, faire tomber la pluie... Bien sûr, n'est pas chaman qui veut, et mieux vaut se méfier des chamans autoproclamés ou des cérémonies utilisant des plantes psychoactives dans des pays où elles ne sont pas autorisées : un vrai chaman respecte la loi des hommes.


A LIRE : Le Chamane et le Psy, un dialogue entre deux mondes d'Olivier Chambon et Laurent Huguelit (Mama Editions, 2011).




Contesté, admiré ou décrié, le chamanisme semble attirer de plus en plus d'Occidentaux en mal de sensations fortes et de spiritualité. Et s'il constituait effectivement la dernière aventure d'un siècle aseptisé ? Notre journaliste a passé une semaine à l'expérimenter. Pour en revenir vigilante et transformée.





Lundi matin.

Après une nuit de car, nous atteignons enfin le nord du Pérou. Heureux et légèrement crispés. Pour tout dire, pas très fiers ! Nous ? Mon amie Mila, mon homme, Bertrand, notre ami Patrick et moi. Nous voilà bien loin des zones touristiques proprettes du sud du pays, et les villes que nous traversons pour rejoindre notre lieu de résidence respirent davantage la pauvreté que l'exotisme. Sitôt arrivés, nous partageons un frugal - et délicieux - petit déjeuner. Cela fait d'ailleurs des semaines que je ne mange plus ni viande ni poisson, et quelques jours que ma diète quotidienne ne comporte que des fruits et des légumes, accompagnés d'un peu de quinoa ou de riz. De façon à me nettoyer de l'intérieur et être fin prête pour cette semaine de "Travail de protection et de guérison physique et énergétique" proposé par les chamans Gerardo et Andalia.

Que suis-je venue faire ici ? Qu'est-ce qui me pousse à dépenser le prix d'une semaine au Club Med pour pratiquer ces soins soi-disant de guérison, alors que je ne suis pas malade ? Pour moi qui m'intéresse au chamanisme depuis des années, il s'agit avant tout de passer de la théorie à la pratique, et ce avec une personne de confiance. Même si je n'en mène pas large pour le moment...



Lundi midi.

Après une visite du marché et des pyramides de Túcume - ce village est considéré comme le berceau du chamanisme péruvien -, je dois vite recevoir mes premiers soins énergétiques. Ils sont d'abord destinés à faire un état des lieux de ma santé, même si leur rôle va bien au-delà.

Premier d'entre eux : le passage du cuy. Ce petit animal ressemblant à un cochon d'inde et très populaire au Pérou nous est passé sur tout le corps, censé se charger de nos mauvaises énergies jusqu'à en mourir. Dit comme ça, cela peut prêter à sourire. En fait, je ne souris pas longtemps : d'abord parce que je suis la première à l'expérimenter et que je me demande bien ce qui va pouvoir se passer, ensuite parce que l'animal, après avoir résisté longtemps en poussant des petits cris perçants, finit par mourir effectivement sur mon dos. Puis il est dépecé et analysé. Et là, le résultat est stupéfiant. Le chaman m'explique en espagnol que mon cuy présente un problème au gnou droit, tout comme moi. On peut aussi distinguer une coupure qui saigne au niveau de son bas-ventre : Gerardo m'explique que j'ai là une fuite énergétique. Je m'empresse de lui montrer ma cicatrice de l'appendicite située exactement au même endroit - opération que j'ai subie il y a presque quarante ans ! En revanche, pas de souci du côté de mes organes internes, hormis le cœur, dont la teinte est assez sombre pour avoir été soumis, semble-t-il, à de nombreuses tensions. Le chaman en conclut que, dans l'ensemble, ma fragilité est davantage émotionnelle et nerveuse que physique. Ce qui me paraît juste.

Ensuite, c'est un œuf, puis un bâton de soufre et enfin une pierre d'alun qui sont roulés sur tout mon corps, les uns à la suite des autres, afin d'évaluer mon état énergétique. Tout va bien également de ce côté. Je suis déjà impressionnée par ces premiers résultats, et pourtant, le trac s'intensifie.



Lundi soir.

Notre première cérémonie va avoir lieu dès ce soir : il s'agit de la table (messa) du guerrier intérieur, destinée à travailler sur nos énergies ancestrales. A la nuit tombante, dans le patio, Gerardo et ses frères installent sur une nappe de feuilles tressées tous leurs objets de pouvoir : des fossiles, des statues - dont celle de saint Cyprien, le patron des guérisseurs -, des coquillages, des plantes, ainsi que les épées du chaman, de vraies armes qui peuvent l'aider à se battre contre les forces du mal lors des rituels. Sans oublier les objets anciens en cuivre, transmis, de génération en génération, dans cette famille de guérisseurs, et censés nous protéger. A notre tour, nous y disposons nos amulettes, photos et autres demandes écrites : j'y dépose pour ma part des bijoux fétiches et une lettre où j'exprime mes demandes de protection et de transformation - fluide et heureuse - pour moi-même et mes proches.

L'ensemble forme un impressionnant bric-à-brac chargé de nos émotions. Puis nous nous levons les uns à la suite des autres. Nous prenons l'épée dans la main droite, le verre de San Pedro - un extrait de cactus aux effets dits "enthéogènes", c'est à dire censés libérer l'expression du divin à l'intérieur de soi - dans la gauche. Nous nous concentrons sur un souhait, puis buvons ce breuvage doux-amer. Je ne ressens pas d'effet sur le coup, sinon un léger sentiment de malaise, davantage dû à l'angoisse qu'à la plante. Bruits de maracas, mélopées... Seule une bougie nous éclaire dans la nuit. Je dois ensuite voire une seconde plante très amères, l'echizo, supposée nous libérer de nos liens transgénérationnels toxiques.

Quinze minutes plus tard, nous sommes tous penchés au-dessus de sacs en plastique, en train de vomir. La nausée vient par vagues, sans douleur, du plus profond de moi, comme si elle roulait dans mon ventre pour arracher des choses accrochées depuis trop longtemps. Je finis par ressentir une grande sensation d'épuisement. Et, paradoxalement, de soulagement. Je finis par aller me coucher... dès que Gerardo nous en donne la possibilité : il attendait qu'une chouette passe au-dessus de notre assemblée, ce qui a été le cas.






Mardi.

Un peu embrumée au réveil, je me sens fragile mais plus légère.
Nous constatons que nous voyons nettement plus clair, même sans lunettes pour ceux qui en portaient. La journée se passe dans la semi-pénombre de la maison, à nous reposer, lire, papoter, dans l'attente du lendemain. Nous voilà partagés entre trac et impatience, car nous savons pertinemment qu'une "table" importante va se dérouler.






Mercredi.

Ce soir, il est prévu que nous prenions l'ayahuasca, le célèbre breuvage chamanique permettant des voyages dans le monde de l'astral - ou au moins dans une autre dimension de la réalité. Nous mangeons très peu le matin et rien l'après-midi, pas même une miette de pain. Sinon "la liane", l'autre nom donné à l'ayahuasca, pourrait nous étrangler. Gloups ! Je passe ma journée à lire et à me reposer. J'envoie aussi beaucoup de textos, comme si je voulais me raccrocher à une certaine réalité. Le jour finit par décliner. Je m'endors, avant de me réveiller en sursaut. Bertrand se tient près de moi, l'air très tendu. Il me dit qu'il a bu son verre d'ayahuasca. La cérémonie vient de commencer. Je le regarde effarée, avec le sentiment d'être au pied du mur sans pouvoir reculer. C'est mon tour.

Le breuvage est vraiment amer. Je m'allonge et reprends conscience quelque temps plus tard, la gorge en feu, j'appelle à l'aide, terrorisée, avec l'impression d'être seule au milieu de l'univers. Gerardo finit par arriver au bout de ce qui me semble une éternité. Il me calme. Je reperd conscience, avec la sensation de basculer dans un univers coloré, chaud et hospitalier. Peu d'images me reviennent, sinon celles d'ânes devant un mur de pierres sèches (!), davantage de sensations. Me reste ensuite le souvenir de bruits - réels - au milieu de la nuit, de chutes et de chuchotements correspondant aux allers et venues de mes camarades autour de moi, pris dans leurs histoires, eux aussi. Je sursaute souvent, partagée entre l'inquiétude et la vigilance.






Jeudi.

Réveil groggy. A côté de moi, Bertrand, fiévreux, ne se souvient de rien. Nous ne tenons pas sur nos jambes et devons demander de l'aide à chaque fois que nous souhaitons nous lever. Allongée, je vais passer cette journée à ruminer, entre conscience et inconscience, colère et paranoïa ! J'ai envie de faire des procès à tout le monde, je suis obsédée par la nécessité de me protéger. J'ai l'impression que mon espace est envahi par des insectes, des poux, des puces... Je crois les voir, parfois les entendre comme des nuées de bêtes prêtes à fondre sur moi !

L' "atterrissage" est difficile et douloureux, et semble se réaliser par paliers tout au long de la journée : la sensation est celle de retourner dans mon corps comme si j'enfilais une chaussette, le cœur tendu au maximum, prêt à rompre. Par moments, la panique s'empare de moi, puis cesse, comme des vagues qui vont et viennent. Je veux retrouver le contrôle de ma vie ! Je veux rentrer chez moi ! Je veux, je veux... Mila et Andalia me calment, telles des mamans bienveillantes. Je mets du temps à m'apaiser. Le soir, je peux enfin sortir dans le patio. Qu'il est doux de sentir le vent, d'entendre la ville au loin. Une sorte de fierté m'envahit : celle d'avoir osé. Celle d'être encore vivante aussi. Le ciel est plein d'oiseaux noirs : je sais que ce sont des hallucinations, mais porteuses d'espoir, car je ne ressens plus de peur, mais une grande force et une profonde joie d'être là, dans ma vie à moi.






Vendredi.

Le plus dur est derrière nous et nous prenons le temps de récupérer.
Au programme : bain exotique et massage chamanique. Loin d'être anodins, ces soins constituent autant de rituels de bienvenue dans une nouvelle étape de notre existence. Pour ma part, je choisis un bain de fleurissement, destiné à "développer l'estime de soi, renforcer l'amour et la prospérité". La baignoire est remplie de plantes et de parfums, Andalia vient chanter des mélopées rituelles à mes côtés. Le massage est nettement moins confortable : Gerardo appuie sans concession sur des zones encore douloureuses, comme s'il voulait extraire de moi les dernières poches de résistance. Entre deux soins, nous passons notre temps à dormir, complètement épuisés par l'épreuve traversée.






Samedi.

Nous commençons à reprendre pied dans la réalité. Fragiles et heureux.
Les uns après les autres, nous faisons le point avec Gerardo sur notre expérience. Selon lui, j'ai éliminé beaucoup de peurs et de colères au cours d'un processus douloureux : une terreur intérieure, aujourd'hui calmée, empêchait mon âme de s'élever. La mort rôdait autour de moi : il s'agissait d'une personne - aujourd'hui décédée - qui m'avait fait subir de la violence au cours de mon existence, me dit-il. Cette libération devrait entraîner de nombreux changements positifs dans ma vie, même s'il me faudra être vigilante quant à la jalousie de certains, ou encore ne pas être trop tranchante avec les autres.






Dimanche.

Nous partons nous reposer quelques temps dans un hôtel de Chiclayo, avant de rentrer en Europe. Tels des convalescents, nous nous chouchoutons, en faisons le moins possible, comptons le temps qui nous sépare de notre retour, pressés de retrouver nos vies, nos enfants, voire une certaine "normalité".








Quelques semaines plus tard.

Je me sens totalement démunie face à ceux de mes amis qui me demandent si c'était bien. Non, ce n'était pas "bien". C'était une expérience étrange et éprouvante, physiquement et psychiquement, expérience qui ne se vit pas à la légère. Je pense qu'il n'est pas possible d'accéder à ce type d'espace sacré que sur la pointe des pieds. Et surtout bien accompagné. Pour autant, je peux maintenant constater que cela a réellement transformé et débloqué des choses en profondeur dans ma vie. Et si le quotidien a repris le dessus, je le vis avec davantage de conscience et de sérénité. C'est le cas également pour mes amis de voyage, qui ont vu leur vie changer concrètement - l'un a cessé de boire et de fumer, l'autre a trouvé du travail le lendemain de notre retour. Tous, nous avons le sentiment d'avoir expérimenté une sorte de mue, assez violente. Et même si nous sommes conscients que ce travail chamanique ne constitue en aucun cas une panacée, nous sommes heureux que les plantes maîtresses nous aient montré la voie, vers plus de confiance et de joie.












Dangereuse ayahuasca

L'ayahuasca est un breuvage hallucinogène à base de lianes, aux effets proches de ceux du LSD. Le mot vient de la langue quechua. Il est traduit ordinairement par "liane des esprits", "liane des morts" ou "liane des âmes". L'ayahuasca est traditionnellement utilisée pour entrer en transe dans un but divinatoire, ou bien comme outil thérapeutique, ou encore comme puissant outil de purification lors de rituels de guérison sacrés. S'il n'est pas possible de parler de toxicité à ce jour, il n'est pas non plus possible de passer sous silence l'existence de complications aigües - décompensations, crises paranoïaques... -, liées essentiellement à l'utilisation de l'ayahuasca par des personnes psychiquement fragiles ou mal entourées par de pseudo-chamans.


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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Cure chamanique au Pérou   Jeu 6 Sep 2012 - 15:03

Merci pour le partage de l'article Avy, ma foi très intéressant.


Les plantes hallucinogènes, autant ça peut être très intéressant quand on a du monde autour, autant on peut se taper de violents bad trips. L'ayahuasca je la met dans le second panier, se retrouver à se vider de l'intérieur...mouais.

Au moins, ça aura eu le mérite de leur faire découvrir les joies d'un sentiment océanique.


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